"Il ne raconte pas que des bêtises !" Numéro 2 03 septembre de l'an 37
ÌEDITOÍ

Chers lecteurs,

 

Déjà, je tiens à m’excuser de la longueur de ce numéro. J’ai bien conscience qu’à trop vouloir en dire, on n’est plus écouté. Cependant, il ne s’agit aucunement de crier au loup. Les circonstances et l’actualité ont créé l’épaisseur de ce second canard, mais je suis certaine qu’il redeviendra raisonnable dans les semaines à venir.

Pour les plus téméraires - ou fous -  qui s’engageront dans une lecture assidue et complète, je dirai simplement que ce numéro reflète la volonté primaire du Garnement : laisser libre cours aux débats, souvent par tribune interposée, afin d’exprimer la pluralité d’opinion qui fait de nous ce que nous sommes, des êtres complexes, intelligents, nullement loups dans la bergerie, mais en aucun cas un troupeau de moutons.

Je m’arrête là, et vous laisse découvrir la suite. Bonne lecture !

CATHÉDRALE : la guerre des prêtres aura-t-elle lieu ? RETROUVEZ NOTRE DOSSIER EXCLUSIF EN PAGE 2 Du débat dans l’air… ! Hommage aux 29 amis de la Liberté d’Information

Un garnement n’est pas grand chose sans les galopins qui l’accompagnent, une vraie classe d’écoliers. 29 gamins aux tempéraments qui divergent autant que leurs physiques. Petits, fins, costauds, poilus, trapus, armoires à glace, délicats, mais aussi oreilles pointues et moustaches audacieuses… avec, en définitif, pour seul point commun le fait d’être un peu turbulent.

 

Le Garnement connaît très bien certains d’entre eux, d’autres uniquement de nom, et d’autres encore lui étaient jusqu’alors totalement étrangers. Mais qu’ils soient connus pour être les premiers à lever le doigt pour aller au tableau, ou au contraire pour occuper les derniers pupitres du fond de la classe, ils ont tous accepté de risquer la correction dans l’unique but de se serrer les coudes.

 

Et ça, le garnement s’en souviendra. Il n’oubliera pas qu’ils ont répondu présent lorsqu’il était dans le pétrin, au risque d’y plonger eux mêmes. Pas pour sauver sa propre caboche, mais pour une cause qui, a ses yeux, a encore plus de valeur.

ÌLE!GARNEMENTÍ Un journal satirique sans être frondeur, perturbé sans être perturbateur, ironique mais jamais hypocrite. « Où l’on peut rire de tout, mais avec la manière. » Aimez rire, l’humour vous le rendra bien. Notre équipe Mairi Elisabeth O’Hara : Rédactrice en chef, chroniqueuse, associée principale. Sevast Sar Ha-Olam : Directeur des relations publiques, privées et commerciales, associé principal. Lance Mackenzie : Envoyé Spécial Edison Lumombre : Graphiste, Responsable impression.
ENVIE D'UNE BOISSON ? Kaja -Cola DISPONIBLE MAINTENANT

Le 26 août de l’an 37 a eu lieu la Festiv’Inc, le grand festival de la culture gnome sur la péniche des Mille Pointes. Un rendez vous immanquable pour tous les amateurs de technologie et de moustaches exubérantes. Cette année encore, le festival a connu un franc succès, et la rédaction se félicite d’avoir participé à la joute du style, à défaut d’y avoir brillé !

De cette soirée haute en couleurs, où de nombreux gnomes étaient présents, nous espérons que ces derniers auront à cœur de se montrer plus souvent dans la capitale Hurleventoise, tant il est certain que la fête ne manque jamais d’être explosive en leur présence !

ÌFESTIV!INCÍ
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Mes amis, j'ai les glandes.

 

J'ai peur d'un monde où nous, femmes et hommes de la Lumière, ne viendraient plus en aide aux pauvres, aux bannis, aux gueules cassées, aux putains, aux prisonniers, aux défroqués, aux demandeurs d'asile, aux voleurs de poules en attente de se faire pincer et à ceux qui en pincent pour une poule déjà maquée.

 

En aucun cas, cette foule, que nous avons malheureusement tous contribué à rendre invisible, doit nous servir à nous faire reluire, notre propre paroisse et notre petite personne. Une messe inoffensive est bien anodine si elle n'est pas précédée d'actions marquantes pour secourir ceux qui doivent l'être. Nous autres, les nantis de clocher, habillés de nos plus belles tuniques dans nos bâtiments austères ne sommes rien sans eux. Le seul qui vaille, c'est le peuple ! C'est notre sacerdoce.

 

Mais vous, tous endimanchés à la Cathédrale que vous êtes. Vous, dont le rôle au sein de notre église est d'aimer. Vous, dont la Chancellerie me fait comprendre que l'on ne peut rien entreprendre sans votre sainte présence. Où étiez-vous ? Où étiez-vous lorsque Argus est apparue dans le ciel pour tous nous faire trembler ? Où étiez-vous, lorsque les autorités interdisaient de trouver des solutions pour mettre nos plus faibles en sécurité sur Draenor ? Où étiez-vous aussi lorsque l'on emprisonnait un de nos enfants pour avoir commis comme seul crime d’oser l'ouvrir contre nos dirigeants ?

Vous avez un nom. Vous êtes connus. Il est vrai, plus des notables que du peuple, mais vous en profitez fort bien, votre assiette est toujours bien pleine comme il faut. Vous, repus et bien habillés, devez répondre de votre complaisance et de vos manquements pour enfin venir en aide à la communauté.

 

Vous, Archipiade Valdelmar, diacre plus  prompte à interdire les bordels que d'aider les pauvres filles qui y sont, qu'avez vous fait pour elles si ce n'est les mettre en prison ? En tant que femme, vous savez que ce genre de choses, on ne le fait pas de gaîté de cœur. Mais pour ça, il vous faudrait essayer de comprendre. Etre l'épaule de leur réconfort. De souffrir avec elles. D'ailleurs depuis cette histoire, vous ne répondez plus à vos courriers. Parait-il que vous vous enfermez dans votre bureau depuis quelques semaines, depuis l'apparition d'Argus. De quoi avez vous peur ?

 

Vous, Père Brunnus et Père François, bons bougres que vous êtes. Pas méchants pour un sou, pas compétents non plus. Le confort de la Cathédrale vous a fait sombrer dans un long sommeil sans rêves. Le courage ne se cache pas sous votre soutane, attendez-vous la permission de vos supérieurs pour nous le déballer ? Vous me parlez d'évêques, de hiérarchie et de réunions qui attendent toujours d'être planifiées. A vous entendre, il vous faudrait même un Concile pour aller pisser. Qu'attendez-vous pour vous remonter les manches ? Voulez-vous vraiment passer pour des ergoteurs, des exégètes mal branlés ou des parasites ? Allons, vous valez mieux.

Page 3 Pour connaître les détails de ces échanges, découvrez sans attendre l’appel du Père Bugli.

Et vous, Baniudian Portebière, curé de campagne autoproclamé, je n'ai rien à dire sur vous. Je n'ai pas l'habitude de juger sur quelques phrases ou quelques postures… Mais tous ceux qui vous ont déjà croisé au moins une fois peuvent en témoigner. Si vous pouviez aimer un peu plus vos semblables que votre bière, ça nous ferait un grand bien. Et à votre foi, aussi. Non, ne cherchez pas, il n'y a pas de faute, c'est bien de celle-ci dont je parle. Pour un prêtre itinérant, vous ne bougez pas beaucoup. Je me méprenais certainement sur le nombre de misérables qu’on peut croiser entre le garde manger et les tonneaux de vin de messe de la Cathédrale.

 

Oui, je règle mes comptes. Sachez que j'en ai gros sur le cœur. Mais j'ai espoir !

 

Depuis quelques semaines une voie a été ouverte. Nous savons maintenant qu'une parole suffit à faire trembler les fondations des institutions les plus éternelles. Vous, les justes, ne restez plus là à vous taire. Venez avec moi. Ensemble, aidons ! Car la guerre ne se déroule pas seulement sur le champ de bataille, elle fait rage aussi dans nos villes et dans nos cœurs. La souffrance des corps n'est rien contre celles des âmes. Pardonnez celui qui a chassé la Lumière de son cœur pour y faire régner l'ombre.  Pardonnez l'homme en prison qui a tué. Pardonnez celle qui a vendu son corps pour nourrir son enfant. Pardonnez même à ces tristes soutanes précédemment citées de n'avoir rien fait pour l'en empêcher.

 

Cette lettre va sans doute piquer au vif quelques personnes. Ils se défendront comme des lions et auront certainement raison. Mais qu'ils n'oublient jamais leur serment. On ne sera jamais assez nombreux pour le boulot qui nous attends. Ma main leur est tendue. Nous avons besoin de bras ! Ceux qui souffrent ne vont pas attendre la fin nos querelles insipides pour clamser.

 

J'espère profondément, que grâce à tous nos efforts, ceux que l'on appelle bien cruellement les miséreux et les moins que rien pourront marcher dans la rue la tête haute.

 

 

ÌAPPEL!DU!PERE!BUGLIÍ Page 2 Dossier : guerre de clocher à la Cathédrale ? “Cette lettre va sans doute piquer au vif quelques personnes. Ils se défendront comme des lions et auront certainement raison. Mais qu'ils n'oublient jamais leur serment. On ne sera jamais assez nombreux pour le boulot qui nous attend. Ma main leur est tendue. Nous avons besoin de bras ! Ceux qui souffrent ne vont pas attendre la fin nos querelles insipides pour clamser”

Le Père Bugli, appelant au rassemblement dans sa lettre ouverte du 26 de ce mois.

Il y a peu de temps, nous avons reçu la missive du Père Bugli, paladin de son état, ayant longuement servi au sein de l’armée en tant qu’aumônier militaire. Aujourd’hui marié et père d’un enfant, il nous fait part de son envie de servir au sein de la cathédrale de Hurlevent pour aider les plus démunis. Nous transmettons ici son appel aux heures sombres de la guerre qui nous menace. Dans un style direct et fleuri, il enjoint à la solidarité aux remises en question tout en rappelant la responsabilité des autorités religieuses vis à vis de ses fidèles et de tous ceux qu’elles ont juré de protéger.

 

Il dénonce ainsi dans une longue série d’invectives l’immobilisme de personnalités telles que la diacre Archipiade Valdelmar, mais aussi des prêtres officiant à la cathédrale, père Brunnus et père François. Les cloches sonnent dans la cathédrale et certains pourraient bien prendre un coup de bourdon. Coup de publicité ou acte téméraire ? Nous avons proposé aux autorités religieuses susmentionnées de répondre à cette lettre ouverte, dans un éternel souci de faire entendre toutes les voix dans un débat.

Un appel qui n’a pas manqué de faire couler de l’encre du côté de la Cathédrale, dont la réponse de la diacre Valdelmar dans des termes aussi incisifs que des poignards.

 

“Ce sont là des allégations outrageuses, calomnieuses et plus que tout, blessantes pour qui consacre sa vie à la Sainte, et à autrui.”

 

Archipiade Valdelmar se défendant des a

ccusations du père Bugli dans sa réponse

adressée à la rédaction.

 

Peu après la parution de cette lettre, un synode a été annoncé par les membres de l'Église de la Lumière. Conséquence ou coïncidence ? Quoi qu’il en soit, les relations demeurent tendues au sein de la Cathédrale, et le programme prévisionnel de cette réunion ecclésiastique pourrait s’avérer plus que chargé. Choc des cultures, choc de styles, et sans conteste des dissensions qui s’annoncent à l’aube du synode qui débutera le 14ème jour de ce mois, et que nous ne manquerons pas de suivre.

PÈRE BUGLI Sa lettre dans son intégralité RETROUVEZ LES RÉPONSES DES PRÊTRES EN PAGE 4

En tant qu'institution séculaire et sacrée, je ne pense pas que l'Église est à débattre avec l'un de ses membres, peu importe son statut ou la gravité de ses accusations.

 

Ce n'est pas la première fois que l'on déverse un fiel aussi amer qu'inutile sur notre Sainte Église, et sans doute pas non plus la dernière fois.

 

Le Respect, première de nos trois vertus, est honteusement bafoué dans ce prétendu appel. Comme trop souvent, voilà qu'un homme se complaît à voir la paille dans l’œil du voisin et ne pas voir la poutre dans le sien, à grand renfort d'exhortations pompeuses et tournures particulièrement vulgaires. C'est ainsi.

 

Je l'affirme ici, dans le respect des Trois Vertus et d'un minimum de bon-sens commun, j'accueille et écoute ceux et celles dans le besoin, quel qu'il soit, et il en va pareillement pour l'ensemble du clergé séculier, dont la mission est -entre autre-, s'il fallait le dire ici, accompagner les fidèles sur le chemin de la foi.

 

Père François

Mon Frère,

 

Croyez le bien, j'ai encore plus les "glandes" que vous.

 

Quel ne fut pas mon émoi lorsque, à mon retour à la Cathédrale, j'ai eu le plaisir indicible de vos nombreuses missives déposées sur mon secrétaire. Et quelle surprise de voir le radical changement de ton que vous opérez de la première à la seconde, sans encore avoir eu l'opportunité d'une rencontre. Bien qu'un rien décontenancée par vos velléités à mon encontre et le caractère impitoyable de votre jugement quand bien même n'avons nous jamais échangé de vive voix, je vais tâcher de vous répondre point par point.

 

Me voici à peine revenue du Conclave qui vise à unir tous les ordres au service de la Sainte face à une menace éminemment plus dangereuse que ne le seront jamais vos accusations faciles et délétères. Vous excuserez donc à ce titre l'égoïsme inouï de mon absence. J'ai peut-être cru avec un brin de naïveté, qu'il y avait ici matière à urgence et ne pensait certainement pas être taxée de tous les noms à mon retour. Si toutefois vous parvenez à pardonner cet odieux motif qu'est la sauvegarde de notre monde, je vous dirai ceci.

 

Tout d'abord, sachez que la critique est facile mais l'art difficile, mon Frère.Il est en effet facile de vous arroger le monopole du cœur et de crier par dessus les toits à tue-tête que les membres de l’Église de la Lumière ne connaissent rien des misères du peuple et ne le servent que sous couvert de leur propre glorification. Ce sont là des allégations outrageuses, calomnieuses et plus que tout, blessantes pour qui consacre sa vie à la Sainte, et à autrui.

 

Oui, vous l'avez dit. Nous sommes connus.

Bien entendu, pas pour les motifs que vous évoquez avec une touche de dissidence terriblement passée de mode, mais d'autres. Nous servons. Nous servons la Lumière, son Eglise et ses fidèles.

 

Depuis tant d'années nous faisons partie de visages familiers que beaucoup connaissent, contrairement au votre. Nous connaissons les vétérans à qui nous avons prodigués nos soins. Nous connaissons les orphelins à qui nous enseignons et dont le bien-être est un de nos premiers soucis. Nous connaissons ceux que la faim et la fatigue de vivre harassent, et savons où les trouver lorsque leur détresse est si grande qu'ils se cachent de la Lumière elle même. Et vous avez raison, nous connaissons aussi la noblesse, qui compte maintes âmes charitables sans lesquelles nous peinerions à agir partout, à

 

toute heure du jour et de la nuit. Nous n'avons pas attendu qu'Argus fende le ciel sous son éclat verdoyant pour nous soucier du peuple d'Hurlevent.

Si je me permettais la fantaisie de vos insinuations, je pourrais tout aussi bien vous déclarer démon pour avoir choisi d'apparaître en même temps que cet astre funeste et gangrené. Mais je vais choisir de servir la clarté de mon propos, et m'abstiendrai encore de juger celui que je connais pas, par respect pour sa personne tout comme j'aurai apprécié que vous le fassiez à mon sujet.

 

Qui êtes vous donc pour venir épancher votre bile avec une telle gratuité ?

Vous qui prétendez n'avoir que pour unique souci l'harmonie et le rassemblement en ces heures sombres, pourquoi employez vous tant de force à essayer de briser ce qui a été le plus grand rempart d'Hurlevent toutes ces années durant ?

 

Je lis dans vos mots un orgueil terrible, vous qui présagez librement de la somme de nos efforts, comme si nous n'avions jamais daigné rien faire pour autrui. Étiez vous à mes côtés lorsqu'il fallait apaiser la douleur de nos soldats dont les tripes prenaient l'air ? Étiez vous à mes côtés lorsque nous avons découvert un corps en charpies au beau milieu du bordel dont vous prenez la défense à retard, ignorant tout des aboutissements de cette affaire ?

 

Non bien sûr. Vous étiez absent. Et avec un opportunisme nauséabond, vous vous emparez de tout ce qui fait notre force pour vous en servir contre nous.

Car oui, vous avez raison. Il n'y aura jamais assez d'efforts à fournir pour faire disparaître la précarité. Jamais assez de mots pour faire sourire un enfant dont les parents ne sont pas revenus du front. Jamais assez de pleurs pour laver toutes les horreurs que le monde engendre, à une vitesse toujours plus débilitante et affolante.

 

Non bien sûr. Vous étiez absent. Et avec un opportunisme nauséabond, vous vous emparez de tout ce qui fait notre force pour vous en servir contre nous.

Car oui, vous avez raison. Il n'y aura jamais assez d'efforts à fournir pour faire disparaître la précarité. Jamais assez de mots pour faire

 

ÌLES!MOTS!!DU!PERE!FRANCOISÍ Page 4 Voici les réponses dans leur intégralité d’Archipiade Valdelmar et du Père François

sourire un enfant dont les parents ne sont pas revenus du front. Jamais assez de pleurs pour laver toutes les horreurs que le monde engendre, à une vitesse toujours plus débilitante et affolante. Jamais assez de force pour les douleurs qui nous sont infligées à tous, dans la richesse ou la misère.

 

Vous aimeriez trouver en nous l'ennemi du peuple et de la Chancellerie Royale.

Nous avons toujours été les plus fidèles soutiens du premier, et partenaires du second. Il n'est aucune force ou désaccord assez profond pour contraindre cet état de nature.

En vérité, je m'en excuse auprès de vous, Père Bugli. Mais la Foi n'a pas attendu votre arrivée pour exister. Vous n'êtes ni prophète, ni prédicateur impétueux d'une révolution à venir.

 

Nous continuerons d'avancer main dans la main, à partager le fardeau d'autrui et à tenter d'insuffler l'espoir dans les cœurs qui en sont dénués.

Nous poursuivrons la haute idée de l'être que nous a inspiré la Lumière, et nous ne concéderons pas à la Compassion seule ses autres Vertus. Le Respect et la Ténacité.

Nous aimerons notre prochain d'une force qui fera taire toute l'odieuse arrogance de votre propos, pas pour vous le prouver, mais comme nous l'avons toujours fait.

 

Et à vous tous, ceux qui errent, ceux qui se perdent, ceux qui doutent, ceux qui craignent, ceux qui croient. Nous sommes là. Nous le serons toujours et à jamais. Gardez la Sainte en votre cœur.

 

Diacre Archipiade Valdelmar

ÌLETTRE!DE!VALDELMARÍ

20/08/37 - au soir : Mairi Elisabeth O’Hara est convoquée par la Chancellerie via sa Greffière, Dame Eléonore Breckenridge, pour un rendez-vous prévu avec le Magistrat Lynch le soir du 25ème jour du 8ème mois de l’an 37.

 

21/08/37 - 21h : ambiance tendue au Guet Urbain. Notre rédactrice en chef est cette fois convoquée en entretien avec le lieutenant Milburn, discussion à laquelle se joint par la suite le magistrat Lynch. Un entretien musclé de plus de deux heures où la journaliste se défend bec et ongles contre les accusations d’outrage à la politique du Roi.

 

00h00 : Mairi O’Hara est conduite dans les geôles du Guet. La nuit s’annonce longue et solitaire.

 

22/08/37 : notre rédactrice en chef attend la décision de l’Etat Major concernant sa peine. Elle encourt entre 5 et 10 jours de geôle ainsi que 5 à 10 coups de fouet (voir encadré). Dehors, ses amis s’organisent pour sa libération. Le même jour, une pétition est envoyée par courrier aux citoyens d’Hurlevent et des alentours. Les signataires s’engagent à recevoir la même peine que la journaliste en signe de protestation.

 

23/08/37 : Mairi Elisabeth O’Hara est toujours dans l’attente de son jugement, rêve d’un bain moussant et entame une conversation unilatérale avec son compagnon de cellule, un écureuil à qui elle donne le doux nom de Skeepy à défaut d’autre interlocuteur. Les rumeurs au sein du Guet laissent présager une sanction minimale à son encontre, mais l'État Major tarde à rendre une décision officielle.

 

24/08/37 - 18h : la machine s’emballe. La pétition paraît, signée par une petite trentaine de personnes, affichée au sein de la cité blanche et envoyée en double exemplaire au Guet Urbain et à la Chancellerie. Le Magistrat Lynch organise une rencontre avec la journaliste, suite à son entretien prévu de longue date avec Allifeur Tournepignon. Le ton s’est quelque peu radouci, et le magistrat revient sur ses propos concernant la liberté d’information.

 

Il annonce alors qu’une réforme du Code des délits et des crimes à été initiée par la Chancellerie, et qu’elle amènera notamment à préciser le fameux article D3-23.1. Le Magistrat aborde aussi le sujet d’un éventuel portail pour Draenor, expliquant qu’il compte organiser une concertation publique sous la forme d’un vote de l’ensemble des Hurleventois.

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22h : le Major Karven Stolen se joint à la réunion et donne son accord pour la libération de la journaliste. Cette dernière rappelle son engagement à donner un droit de réponse dans ce numéro à la Chancellerie, comme elle l’avait promis.

 

25/08/37 : le Major Karven Stolen publie un avis officiel de la Chancellerie et du Guet Urbain, annonçant la libération de Dame O’Hara dans un acte de clémence, rappelant “à tous les citoyens de la belle Hurlevent que la liberté d’informer est et restera défendue par les autorités, si tant est que ladite information n’entre pas en contradiction avec la parole, toute puissante, de Sa Majesté & et Ses représentants.”

 

Lance Mackenzie

UN GARNEMENT MIS AU COIN
ÌFESTIVAL!DE!LUTTEÍ

La Qualité Longue-Barbe tient à inaugurer cette nouvelle saison 37-38 par l'ouverture du tournoi d'Azeroth de Lutte !

Venez à l'un des événements les plus attendus et courtisés de cette année. Soyez les premiers à découvrir l'ambiance folle des tribunes,

faire partie de cet engouement autour de ce grand sport, se voulant avant tout honorable et populaire.

Aidez la Qualité Longue-Barbe à écrire l'histoire en venant participer à cet événement, en vous inscrivant à celui-ci. Il reste trois honorables places sur les huit. Des participants qui vont lutter à travers un long tournoi d'une durée de trois mois, afin de décrocher le grand titre mondial : "Champion d'Azeroth de Lutte", ainsi que la grande somme de vingt pièces d'or, à l'organisme levant le trophée, et bien d'autre ! Profitez-en.

L'événement débute à partir du neuvième mois de l'an trente-sept, jusqu'au onzième mois de l'an trente-sept. Référez-vous aux affiches.

 

Nous précisons que les dates du tournoi sont provisoires et doivent être prochainement officialisées.

Souvenez-vous, dans notre premier numéro du Garnement paru le 20ème jour du huitième mois de l’an 27, nous avons décidé de publier l’argumentaire d’Allifeur Tournepignon malgré l’interdiction du Magistrat Astagan Lynch, dans le but de questionner les autorités et les citoyens sur ce qui est assimilé, ou non, comme “allant à l’encontre de la politique du Roy”.  Retour sur les quatre jours d’incertitude éprouvante qui ont suivi, pour notre rédactrice en chef.

Zoom sur...

L’article D3-23.1 : “Publication de journaux ou autres médias allant à l'encontre de la politique du Roy : 5 ou 10 coups de fouet et 5 à 10 jours de geôles.” Faisant partie du chapitre des délits, les accusés n’ont droit à aucun avocat (étant seulement autorisé en cas de procès pour crime), ni recours ou report de peine. La peine est statuée par le Guet Urbain, en charge des délits via l’Etat Major.

Retour sur l'affaire Tourpignon Nos dernières informations en page 6
Page 6 ÌAFFAIRE!TOURPIGNONÍ Tergiversation, marche arrière ou avancée ?

Allifeur Tournepignon, a contacté la Chancellerie  le 16ème jour du huitième mois de l’an 37 pour leur soumettre l’idée de l’ouverture d’un portail vers Draenor afin d’évacuer les civils en cas d’invasion de Hurlevent par la Légion Ardente. Cette missive comporte un long argumentaire, ainsi qu’une pétition comportant, selon son instigateur, environ 500 signataires.

Dans le même temps, le directeur de la Gnome Inc envoie une copie de sa missive et des documents adjacents à la Gazette de Hurlevent.

 

Ses arguments paraissent dans le premier numéro du Garnement, le 20 août. C’est aussi le 20 août au soir qu’une entrevue est proposée par le Magistrat Lynch à monsieur Tournepignon. Elle est fixée pour le 24 août.

Lors de cette entrevue visiblement enrichissante, le Magistrat propose au gnome d’organiser une concertation publique des citoyens d’Hurlevent, afin de les laisser décider ou non de leur souhait de l’ouverture d’un portail d'évacuation pour Draenor.

Le 27 août, le dossier est récupéré par le Chancelier Al-Rakim, qui organise une nouvelle rencontre avec le président de la Gnomes & inc, et nous informe qu’il publiera, dans nos pages, une déclaration de la Chancellerie.

 

Comme nous nous y étions engagés dans le premier numéro, voici la déclaration officielle de la Chancellerie, via la plume du Chancelier Khassim Al-Rakim. Vous remarquerez que l’affaire “Tournepignon” (l’ouverture d’un portail vers Draenor, N.D.L.R) n'apparaît pas dans les lignes rédigées par nos autorités. Il semblerait que le Chancelier et le président de la Gnomes & inc soient encore en instance de discussion, et la rédaction s’engage à suivre assidûment la suite des évènements.

ÌTRIBUNE!DU!CHANCELLIERÍ

Causeries au coin du feu

 

1 - Introduction

 

Hurleventoises, Hurleventois, Carminoises, Carminois, Journalistes, Journalistes, bonjour.

C'est avec un plaisir certain que je m'adresse à vous -et à ceux qui ne figurent pas dans cette énumération, si je ne suis pas exhaustif, ne soyez pas sectaires car je n'ai pas souvent l'occasion de m'adresser aux sujets du Roy ainsi, sans ma robe de Chancelier (Que votre imagination ne s'emballe pas, je porte quelque chose en dessous), ce qui me permet de m'exprimer sans que les mots "Attendu que" ne figurent dans la moitié de mes phrases.

 

Vous aurez sans doute remarqué l'agitation récente autour de la pétition de monsieur Tournepignon. Bien que ce soit, au final, une tempête dans un verre d'eau,cet incident a malgré tout des choses intéressantes concernant la manière dont le pouvoir est exercé à Hurlevent, et plus exactement la vision qu'en ont les citoyens et certains

agents de la force publique.

 

J'ai pu constater lors des derniers jours de nombreuses confusions, parfois entretenues inconsciemment par ceux qui devraient les combattre, et je m'attelle donc à la dure tâche qui consiste à m'assurer qu'après lecture de ce document, vous soyez en mesure de savoir exactement ce qu'il se passe, et pourquoi cela se déroule ainsi.

2 - Des normes et de leur hiérarchie.

 

Au sein du Royaume d'Hurlevent, le pouvoir s'exerce principalement de manière verticale, bien qu'il existe des interactions horizontales entre le pouvoir législatif et exécutif. Imaginez que les ensembles de règles (nous appellerons ces ensembles de règle des "normes") qui régissent la vie des citoyens constituent les étages d'une tour, et que les étages inférieurs ont moins d'importance que les étages supérieurs.

En bas, nous pourrions trouver les usages et les coutumes, de nos jours principalement les règles de bienséance. Si vous confondez une fourchette à viande avec une fourchette à poisson, par exemple, la Garde ne viendra pas enfoncer votre porte avec un bélier à six heures du matin.

Ce n'est pas non plus illégal de parler fort pendant un sermon ou d'aller acheter son pain métamorphosé en worgen, mais dans tous ces cas, la sanction est purement sociale : Vous passerez pour un zigoto auprès de vos pairs, et les conséquences dépendront des pairs en question.

 

Il fût un temps où le droit d'Hurlevent était principalement coutumier, de sorte que les sentences appliquées aux criminels étaient basées sur les décisions passées, d'abord par des juges Hurleventois qui ont précédé, puis par les juges de l'Empire d'Arathor, et enfin par les monarques. Ce droit était en grande partie oral et nécessitait que les magistrats connaissent par cœur des siècles de décisions passées.

C'est la raison pour laquelle, si d'aventure vous vous aventurez dans les anciens registres de la Chancellerie et compulsez les archives des jugements passés, vous ne trouverez aucune mention du Registre des Délits et des Crimes,

duquel nous reparlerons dans quelques lignes.

Au dessus de la Coutume se trouvent les contrats. Un contrat est une convention passée entre deux individus ou plus, dans laquelle les deux parties s'engagent mutuellement à faire ou à ne pas faire quelque chose, en général en échange d'autre chose. A Hurlevent (Les choses sont différentes en territoire gobelin, par exemple), le contrat se situe en dessous de la Loi dans la hiérarchie des normes. En d'autre termes, un contrat contenant des clauses illégales est considéré, dans son entièreté, nul et non avenu. Vous ne pouvez pas, par exemple, réclamer l'âme du premier-né de votre voisin en échange de son plus gros cochon, car le commerce des âmes est interdit. Il en va de même pour les conséquences d'une rupture de contrat : Vous ne pouvez pas menacer le signataire du contrat d'une attaque d'accordéonistes stipendiés par vos soins pour

jouer sous sa fenêtre à des heures indues.

 

Nous parlions plus tôt du Registre des Délits et des Crimes : C'est un ajout "récent" (quelques années désormais) à l'arsenal juridique du Royaume d'Hurlevent. Il avait pour objectif  de remplacer intégralement la coutume par un document qui puisse être consulté par n'importe quel citoyen lettré, et de faire en sorte que nul ne puisse prétendre ignorer la loi. Ses révisions sont assez fréquentes pour qu'il reste conforme à la réalité du terrain, tout en étant assez espacé pour ne pas succomber à la mode du moment, car s'il est vrai que la législation et les coutumes du peuples s'influencent l'une et l'autre, il reste préférable que ce soit la Loi qui dicte les comportements et non l'inverse.

Pour ce second portrait de “Ceux qui font Hurlevent”, je décidais de m’entretenir avec un homme qui, s’il n’est pas hurleventois, a cependant beaucoup à raconter.

 

Si le trajet en griffon vers les Bois de la Pénombre est rapide, quelques battements d’ailes séparant le bois à la capitale, l’ambiance, elle, change de tout au tout. Dès le survol de la forêt, la température chute alors qu’une brume épaisse s’installe. Un genre de brume particulier, presque romanesque, dans laquelle s’engouffrent les héros juste avant de faire une rencontre malencontreuse et souvent fatale.

Arrivé dans le village, cependant, cette sensation de danger immédiat s’estompe. L’endroit est austère, mais on devine la vie derrière les murs épais des bâtisses et un ciel couleur encre. Sombre Comté est peut être entouré d’êtres qui devraient être morts, mais un cœur bien vivant fait battre le village à un rythme lent, presque serein.

 

Le commandant Norlf Brandacier ressemble beaucoup au petit village dont il est maire : un havre de tranquillité, une présence rassurante dans l’inquiétude qui plane en permanence à l’orée des arbres centenaires. Il n’est pas phare dans la tempête, mais une lumière plus diffuse, plus stable aussi, qui embrasse la pénombre plus qu’elle ne la combat, l'accueillant à bras ouverts, comme une vieille ennemie qu’on a appris à respecter plus qu’à redouter, avec le temps.

L’homme a la cinquantaine, et il est marqué par ce temps passé dans la forêt maudite. Il y est né, bien avant que la pénombre ne s’y installe, dans cette époque où les bois n’étaient qu’une extension de la splendide Elwynn.

 

Pourtant, rien ne le destinait à y retourner, Norlf s’engageant dans une carrière de musicien, “pour gagner sa croûte, mais surtout pour les filles”. Il y a six ou sept ans, le saltimbanque rencontre Drokan Fortepoigne par hasard, au détour d’un chemin du paisible Hurlevent, et décide aussitôt de rentrer au bercail, même si celui a bien changé. Le commandant Fortepoigne prend une retraite bien méritée un an après l’arrivée de Norlf. Celui-ci récupérera peu après cette fonction.

 

Veilleur dans l’âme, mais esquinté par ses veilles, il manque à Norlf Brandacier un oeil et une jambe, remplacée tant bien que mal par une prothèse. Difficile de l’imaginer saltimbanque et “jeune fou”, comme il définit lui même ses jeunes années. Cependant, on oublie vite les cicatrices qu’il ne tente pas de camoufler. Malgré un chapeau rapiécé fixé sur le crâne - dont il ne se sépare jamais - l’homme dégage une autorité perceptible, et le charisme de ceux qui n’ont pas besoin de hausser le ton pour être écoutés.

Cette autorité innée le rend d’ailleurs sympathique, amateur de blagues plus ou moins délicates, mais souvent amusantes, et visiblement très complice de ses hommes.

ÌNORLF!BRANDACIERÍ Page 8 CEUX QUI FONT HURLEVENT L'HOMME DE LA PÉNOMBRE

Il sait inspirer la confiance, se débarrassant d’un revers de la main et d’un verre d’alcool de la rigidité inhérente à sa fonction. Norlf Brandacier est un meneur d’hommes, épuisé par ses titres. Il admet d’ailleurs détester être maire. Là où la plupart des hommes y verraient la réussite de leur ambition, il ne perçoit qu’un fardeau qui l’oblige à user de sa langue autant que de sa hache, qui plus est dans une modération qui semble lui tirer le plus grand ennui.

 

Mais lorsqu’il parle des bois de la Pénombre ses yeux s’animent. Si la forêt n’aspire que la crainte à la majorité des gens, elle est, aux yeux alors enfantins de l’homme qui y est né, toujours aussi extraordinaire, pénombre ou non. Il résume d’ailleurs lui même très bien ce sentiment, en expliquant “qu’avant, c’était une forêt magnifique pour tout le monde. Maintenant, elle l’est seulement pour moi.”

 

Mairi Elisabeth O’Hara

:LE!GARNEMENT!RECRUTE; FICHE DE POSTE JOURNALISTE TOUT TERRAIN Contexte : le Garnement est un journal sérieux, satirique et sincère. Il a pour vocation d’amuser comme d’informer et d’être une tribune ouverte aux débats. Missions et activités : le (la) journaliste sera chargé(e) de couvrir un certain nombre d’événements à Hurlevent ou ailleurs, de représenter le journal, et éventuellement d’essuyer quelques piques bien senties. Compétences : la plume se doit, si elle n’est pas légère, d’être efficace. Le (la) journaliste doit être avant tout curieux(se), capable d’une politesse à tout épreuve, de supporter l’alcool et les mondanités (l’un aidant souvent à endurer l’autre), de faire preuve de sang froid, d’une certaine aspiration au panache et d’une capacité à demeurer discret concernant les activités “taupes - secrètes” de la Rédaction. Poste salarié, rémunération fixe et hebdomadaire, à négocier lors de l’entretien d’embauche.

Ce registre fonctionne en vertu d'un principe relativement simple : "Nullum crimen, nulla poena sine lege".

Cela signifie qu'il n'existe nul crime, nulle peine, sans la loi qui les définit, et accessoirement que tout crime défini par la Loi se doit d'être accompagné d'une peine.

"Il est interdit de jouer de la cornemuse en public" n'est pas une loi, bien que je salue la démarche. "Il est interdit de jouer de la cornemuse en public sous peine d'une amende de 5 pièces d'or, précédée par la destruction immédiate de l'instrument. En cas de récidive, son possesseur sera jetté dans la Grande Forge." en est une.

Il arrive de temps en temps qu'une loi soit rédigée et appliquée rétroactivement lorsque l'on se rend compte qu'un acte particulièrement odieux et immoral a été commis sans que les législateurs n'aient pu imaginer qu'il se trouvera un jour un homme capable de l'envisager.

 

Terminons ce tour d'horizon (en espérant que vous ne l'avez pas trouvé trop fastidieux) par le dernier étage de la hiérarchie des normes :

La parole du Monarque. Lorsque le Roi s'exprime, sa parole est d'une valeur supérieure aux lois écrites. Cela peut être temporaire et ne s'appliquer qu'à un cas précis (Condamner un homme à mort ou au contraire, le gracier) ou bien au contraire supplanter totalement la loi existante pour une durée indéterminée, ce qui signifie en pratique que la loi sera réécrite pour s'y confirmer.

 

3 - Des affaires qui nous intéressent présentement.

 

3a - Des pétitions.

 Je vais être direct : Il va falloir arrêter tout de suite avec ces histoires de pétitions avant que ça ne devienne une mode. La valeur intrinsèque d'une idée -je peux trouver facilement dix mille chèvres qui s'accordent sur le fait qu'il n'y a rien de meilleur que l'herbe- ne se mesure pas au nombre de personnes qui sont d'accord avec, mais bien à ses qualités propres. Nul doute que dans le cas de l'avant-dernière pétition en date, un rendez-vous à la Chancellerie nous aurait convaincu ou pas du bien-fondé de l'idée de monsieur Allifeur, n'ayant besoin d'autre chose que son esprit brillant. Un raisonnement bien mené tient debout par lui-même, y compris contre ce qui semble être les faits lorsque ces derniers sont à réviser.

 

 Les employés de la Chancellerie et les membres du Guet Urbain prennent leurs décisions en âme et conscience et ne sont pas là pour se faire influencer ou corrompre par des éléments extérieurs. Et je ne doute pas que certains d'entre vous auraient fait de drôles de tête si "Les Amis de la Corderie" avaient présenté une pétition en faveur de la pendaison de mademoiselle O'hara avec plus de noms.

 

3b - Du statut juridique exact des employés de la Chancellerie.

 Comme je l'ai mentionné plus tôt, le registre des Délits et des Crimes a été rédigé conjointement par la Chancellerie et par la Garde. Ceci étant dit, bien que ce délicieux ouvrage soit sorti du néant primordial pour apparaître sous notre plume, cela ne fait pas de nous ses maîtres. Sur l'épée

que je garde de côté pour exécuter les quelques nobles condamnés à mort de notre royaume sont gravés les mots d'un homme d'état de l'Empire d'Arathor :

"Legum servi sumus ut liberi esse possimus" : "Pour pouvoir être (véritablement) libre, nous devons être les esclaves de la Loi."

En d'autres termes, nous ne commandons pas à la loi comme le Roi le ferait, nous nous contentons de la suivre et de la faire respecter.

 

Outre cela, la loi, comme le stipule l'un de ses premiers article, est d'”interprétation stricte". Cela signifie que si la personne qui doit trancher

un cas a le choix entre une interprétation complexe et une interprétation simple, c'est la seconde qui gagne.

Pour ce qui est de l'affaire du premier numéro du Garnement, il y avait en effet publication de média. Mais comme le plan de l'Etat-Major vis-à-vis d'Argus (dévoilé récemment) n'étais à l'époque pas public, il n'existait aucune politique royale allant à l'encontre de la pétition de Monsieur Tournepignon, et donc, par construction, cette pétition ne saurait aller à l'encontre de la politique du Roi. On pourrait dire que la Chancellerie, étant l'extension du pouvoir Royal, le représente directement, et donc que contredire la Chancellerie, ce serait contredire le Roi.

 

Voici pourquoi les choses ne pourraient guère fonctionner ainsi :

La Chancellerie a deux rôles principaux qui prévalent sur tout les autres :

- Premièrement, s'occuper de toute les affaires mineures qui n'ont aucune raison d'arriver sur le bureau du Roi, ce qui implique de prendre des décisions sur des sujets dont il n'entendra jamais parler qu'en passant. Il serait malhonnête et trompeur de considérer que l'augmentation des tarifs de stationnement pour les charrettes contenant plus de trente kilos de marchandise est l'action directe du Roi.

 

- Deuxièmement, s'assurer de traduire en des lois ancrées dans la réalité du terrain les directives de notre Monarque.

 

Prenons pour exemple notre alliance avec le Roi Grisetête.

Contredire ou critiquer la décision même d'ouvrir nos portes à nos cousins du Nord, par contre, irait en effet à l'encontre de la politique du Roi et constituerait une infraction.

Mais, lorsque nos alliés Gilnéens ont été accueillis en ville, par exemple, il a fallu légiférer afin d'intégrer les nouveautés qu'ils apportaient avec eux dans la vie de la cité. Le statut juridique des malédictions et de la transformation lupine, par exemple. Comme les lois ont pour vocation de régir divers aspects de la vie quotidienne(certains aspects seulement, si le meurtre et l'espionnage pour le compte de l'ennemi font partie de votre vie quotidienne, je vous invite à contacter l'officier de la Garde le plus proche afin d'être incarcéré), elles se doivent d'être adaptées.

 

Pour être adaptées, il faut qu'elles soient mis en pratique, et s'il y a un problème, nous devons être avertis au plus tôt ! Si tout les gens qui se plaignaient étaient mis en prison, des décisions désastreuses, ou présentant une faille qui causerait des ennuis plus tard pourraient perdurer pendant des années, années au terme desquelles il serait devenu impossible ou difficile de revenir en arrière.

Parallèlement à cela, on ne reprochera rien à un officier de la Garde qui choisit de demander des explications avant d'obéir à une injonction de la Chancellerie qui lui semble douteuse ou même illégale (Du moment que la situation n'est pas urgente, bien sûr, il y a des moments où l'on a pas le temps de discuter les ordres. En faisant cela, il évitera d'abuser du pouvoir qui lui a été conféré et ne risquera pas de devoir ensuite se contredire et revenir en arrière.)

Pour conclure, je dirai que non seulement les décisions de la Chancellerie doivent pouvoir être critiquées, mais qu'en certaines occasions il est vital qu'elles le soient. Je ferai ensuite confiance aux lecteurs et aux rédacteurs du Garnement pour déceler ces occasions et les saisir, avec modération.

A force de crier au loup au moindre petit cafouillage, on finit par ne trouver personne pour nous écouter.

 

4 - Conclusion :

 J'ose espérer que ce manuscrit un peu longuet ne vous est pas tombé des mains.

De manière tout à fait indépendante des événements récents, une refonte du registre des Délits et des Crimes a été amorcées pour résoudre certaines incohérences et clarifier l'arsenal juridique d'Hurlevent.

 

Pour ce qui est d'Argus, je n'ai plus à cacher désormais qu'une coalition de héros et d'aventuriers de la Horde et de l'Alliance voguent actuellement vers la planète gangréné afin de mener une attaque préventive contre la Légion.

 

Nous sommes à un tournant de l'existence d'Azeroth, un conflit total entre la Lumière et les Ténèbres, le Bien et le Mal, les Endives et le Jambon.

Une guerre, l'ultime guerre peut-être, bien que nous n'en verrons peut-être pas la fin de notre vivant, pour préserver notre mode de vie, nos traditions, notre liberté.

 

 L'ennemi  et quelques alliés avec plus de bonnes intentions que de bon sens- fera tout pour nous diviser, nous monter les uns contre les autres, aviver les vieilles rancunes. Nous nous battrons dans les cieux, sur la terre et sur la mer, dans les forêts, les cavernes et les plans élémentaires, nous nous battrons ici, chez nous, s'il le faut, et pour chaque homme ou femme qui tombera sur les remparts d'Hurlevent, dix, cent d'entre eux tomberont.

 

Les peuples libres d'Azeroth prendront de force la place qui leur revient dans le vaste univers, et ils comprendront quand nous les traquerons impitoyablement ce qu'est vraiment une Croisade Ardente. Nous leur donnerons une leçon dont même leurs morts se souviendront : Personne n'attaque Azeroth sans en payer le prix.

 

Je ne suis pas un homme qui promet beaucoup ; Je ne suis jamais sûr à cent pour cent qu'aucun grain de sable ne viendra se glisser dans les machineries bien huilées que j'affectionne.

Je vous promet cependant cette unique chose : Quoi qu'il puisse se passer, quel que soit l'issue de cette bataille, nous ne disparaîtront pas en silence dans la nuit.

 

Et je compte sur vous pour ne pas me faire mentir.

 

Cordialement,

 

Khassim Al-Rakim,

Porte-Flamme,

Chancelier d'Hurlevent

"Justice Sévère est Toujours Justice."

 

 

 

Page 7

Naît-on crapule ou le devient-on ? Se retrouver du mauvais côté des barreaux ne serait-il pas, finalement, concours de circonstances ? Un vieil adage estime que les chiens ne font pas des chats. Reste à savoir si un animal poilu en vaut un autre.

 

Pour illustrer ce que nous définirons la « spirale du malchanceux », il s’agit de prendre un homme ordinaire parmi les ordinaires que l’on nommera Théodore Mille-Pieds. Un bon gars, en somme, mais que les plus railleurs s'empressèrent de surnommer « Mille-Pieds gauches » tant le garçon s’avérait maladroit.

 

Avec un grand-père emporté par la peste de Lordaeron, Théodore, qui n’avait vu que la fourche et la paille des Marches de l’Ouest, se rêvait combattant pour les justes causes et les causes perdues. Malheureusement pour lui, de nos jours, une seule et même quête rassemble souvent ces deux traits de caractère.

 

Il déchanta très vite, cependant. Après tout, n’est pas Gamon qui veut. Il tenta de rejoindre les forces de l’Alliance qui recrutait à tours de bras – dans cette époque encore d’actualité ou toutes les escarmouches qu’elles soient en 5 contre 5, 7 contre 7, ou 11 contre 11 avaient pour réputation qu’à la fin, c’est toujours la Horde qui gagne – mais, peut-être à cause de ses pieds, on l’y refusa. Il tenta par la suite de se faire embaucher dans la Milice des Marches, mais manqua de casser le nez à son sergent instructeur lors du fameux test de « la planche », qui consistait à se hisser sur une planche en bois située en hauteur, à la seule force de ses bras. Il n’essaya même pas de s’enrôler au Guet Urbain, qui avait pour réputation de refuser les idiots et les maladroits. C’est ainsi qu’il se retrouva bon gré mal gré de l’autre côté de la barrière. Alors oui, sans doute aurait-il pu reprendre la ferme familiale.

Si l’ambition ne tue pas, elle participe grandement à augmenter les statistiques de se voir un jour passer la corde autour du cou. Mais une mauvaise rencontre, à un mauvais moment, le fit se retrouver du côté des malfrats, dans ce jeu tant apprécié des enfants d’Azeroth, qui se décline d’une manière somme toute très contextuelle : « défias contre gardes », « Satyres contre Sentinelles », « Troggs contre mekgénieurs » ou encore « Sombrefers contre chevaucheurs de Griffons »…

 

La vie ressemble hélas davantage à une partie d’échecs qu’à un jeu de balle aux prisonniers, et le pauvre Théodore échoua à alterner les rôles.

 

Le plus triste, dans cette histoire, est qu’il ne parvint pas à franchir les Marches de la vilenie. Sans doute était-il trop à l’Ouest. Théodore demeura au rang de petite crapule notoire, une « face de Trogg » parmi d’autres. De celle dont on se moque autour d’une bière et qu’on accueille un fusil à la main si elle vient nous chercher des noises. Qui reste à la surface des affaires les plus louches tout en pensant tremper dans le grand bain. La partie émergée de la pègre, celle qui tombe, le bien souvent, en tout premier.

 

Théodore se fit passer la corde au cou, et termina non pas mille, mais six pieds sous terre.

La fin de la courte vie de Mille-Pieds pourrait servir de leçon pour apaiser les garnements les plus téméraires. Sans doute moins efficace, cependant, que de menacer de les déshériter.

 

Quelle leçon en tirer d’ailleurs ? De n’avoir que l’ambition de ses capacités ? La Rédaction se garde bien d’y répondre. Elle dira simplement que nous avons tous, quelque part en nous, deux pieds gauches…

Mairi E. O’Hara

Page 9 Les rêveries d'un Garnement Du déclin social d’un honnête homme

Lorsqu’un homme commet un délit, voire un crime, se pose toujours la question des raisons et des causes qui l’ont mené à un tel acte. L’assassinat d’une épouse, me diriez-vous,  peut reposer sur le motif passionnel. L’amour plonge parfois l’âme la plus lucide dans la folie. Une femme insupportable aussi.

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La Rédaction ne s’engage aucunement à vous publier, mais se prêtera à une lecture acharnée de vos missives !

 

Ps : les pigeons voyageurs arrivant en mauvais état sont à la responsabilité de leur propriétaire.

 

Votre dévouée rédactrice en chef, Mairi E. O’Hara.

:cOURRIER!DES!LECTEURS;

Vous vous sentez l’âme d’un artiste ? D’un tribun, d’un écrivain en herbe, vous avez tout simplement envie de pousser une gueulante ou de déclarer votre flamme ? C’est  en dessous que ça se passe !

 

La rédaction raffole des débats par papier interposés. Vous vous sentez injurié, ou vous voulez rétablir votre version des faits ? N’oubliez pas que vous avez le droit de répondre !

 

Ps : la publication est soumise au bon jugement, et au bon sens, de la rédaction. Nous chérissons la liberté d’expression, tant qu’elle n’est pas expresse. Les propos à caractères racistes, haineux, remettant en cause la parole du  Roy et son application, ou tout simplement emprunts d’une grande stupidité, ne seront pas publiés.

:BREVE;

Aiden Hansel, le dirigeant de la Traque Nocturne a été retrouvé mort devant les locaux de son organisation dans la nuit du 02/09/37 au 03/09/37. Une réunion devrait avoir bientôt lieu dans les locaux de la Traque Nocturne afin de nommer un nouveau dirigeant pour l'organisation.

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